
Biographie de Victor ANICET
Né en 1938 au Marigot, commune du Nord Atlantique de la MARTINIQUE, Victor ANICET découvre le monde insoumis des Amérindiens, alors que petit garçon il aide le Père PINCHON à nettoyer les fragments de poterie ensevelis dans la terre rouge de l’Adoration, lieu zombi où les nègres demandent pardon à Dieu pour leur vie de misère, lieu sacré où il y a deux mille ans les Amérindiens bénissaient leurs Dieux.
Il ne sait pas qu’ici, il a déjà découvert le bleu de la terre.
Il ne sait pas que les couleurs qui baignent les roches que la mer charrie à gros fracas, il les restituerait un jour en autant de poteries, en autant de peintures.
Vers l’âge de 17 ans, après une scolarité aux Arts Appliqués de Fort-de-France, il poursuit ses études à l’Ecole des Métiers d’Art de PARIS (Section Céramique) d’où il sort major de sa promotion (1961) ; parallèlement il fait des recherches au Musée de l’Homme sur l’art amérindien des Amériques.
Après avoir obtenu une attestation de Physique Chimie appliquée à la céramique, Arts et Métiers à PARIS (Cours LAFUMA), il effectue divers stages de céramique (Saclay – CNRS)et de poterie, d’abord en France (La Borne) avec des potiers comme MOHY, JOULIA, LERAT, puis en ANGLETERRE avec LEACH, REEVE, ANSSEN, et enfin en Allemagne.
Il retourne en 1967 en MARTINIQUE où il s’adonne à la peinture. En 1970, retiré dans la campagne du Gros-Morne, il réalise sa première exposition en noir et blanc sur support bois.
ANICET le passeur, invoque le nègre marron. Le pays flageole, les nègres nus sont creux.
ANICET peint des nègres courages, des nègres rebelles, des nègres mahogany. Et le pays MARTINIQUE stupéfié découvre l’Arche d’Alliance.
En 1984, il crée avec d’autres artistes plasticiens un groupe de recherche sur l’esthétique caribéenne, le groupe « FWOMAJE »
Ce n’est que le premier tracé. ANICET retraverse les strates. Il ramène les hommes bleus du Pays Amérindien et sa céramique et sa peinture disent au Pays MARTINIQUE : « Nous sommes des Amérindiens. La nasse que tu jettes est amérindienne, le lisser des tiges d’amarante pour ton panier caraïbe est amérindien, le balata que tu nommes est amérindien. Nous sommes tous des Amérindiens. »
Dans l’atelier de céramique qu’il a réussi à monter en 1991, les adornos envahissent ses tableaux tels les signes de l’irréfutable présence amérindienne en nous.
Il est encore aux temps premiers du long tracé qu’il peint et façonne car lui seul sait entendre le silence bruissant des mondes indomptés. Car lui seul reconnaît le secret du bleu de la terre.
Quelques vers pour les bonbons chouval , je suis en train d'explorer le champs.
BONBON CHOUVAL
Les chevaux du pays dogon
cheminent
Les chevaux qui n'existent pas au pays dogon
sont sortis du tray,
(bonbon chouval : farine et sucre gambadant aux cotés des lotchos et
des bracelets en sucre rouge)
Ils se sont redressés sur leurs longues pattes
Ils chevauchent les savanes oubliées par les fils,
Ils marchent dans le tray
Ils marchent dans nos têtes
Les chevaux oubliés du pays dogon.