Le Jury du Prix Carbet de la Caraïbe 1998 a couronné à l'unanimité le poète et romancier René Depestre pour l'ensemble de son œuvre, et ce, à l'occasion de la parution de ses deux ouvrages, Le métier à métisser et Ainsi parle le fleuve noir.
Poète des énergies minérales et de la parole nouée dans les vies élémentaires, aussi bien que dilatée dans les courants de force de l'univers, René Depestre a aussi dans ses œuvres et dans son existence déployé une constante activité de militant, soucieux du bonheur des hommes.
Il est aussi le rapporteur frémissant des sensibilités féminines et un chantre de l'amour païen et combien terrestre.
Ecrivain de la Caraïbe, il aspire à une harmonie universelle dont la défense est de plus en plus nécessaire, dans un monde marqué par l'exclusion, la terreur et les génocides. Homme de l'échange et de la relation, il campe sur nos horizons sa posture de passeur de tolérance et de leveur d'espoirs.
Déclaration du Jury
LITTERATURE GUYANAISE
Le jury du Prix CARBET, extrêmement sensible à l'évolution de la littérature guyanaise, prend acte, avec solidarité, de son avancée dans les domaines de la fiction, de la réflexion et des essais historiques, sociologiques et anthropologiques.
Le jury du Prix CARBET a noté la montée en puissance des oeuvres de la littérature guyanaise, ou ayant la Guyane comme thème, notamment à travers les œuvres de Monsieur Serge MAM-LAM-FOUK et de Madame Michèle BAJ-STROBEL et de bien d'autres auteurs, qui contribuent à inscrire la Guyane dans le champ des littératures des Amériques et de la Caraïbe, comme l'élément innovant de la prise de conscience des identités mosaïques et des imaginaires de nos créolisations en devenir.
Forte des éléments structurants qui se mettent en place, en particulier au travers de maisons d'édition qui encouragent l'expression identitaire de la Guyane, la littérature guyanaise, véritable laboratoire de nos diversités communes, est riche de promesses inédites et de succès inévitables.
TRADUCTIONS
Le jury du Prix Carbet est attentif à la diversité croissante des ouvrages qui ont été sélectionnés cette année.
Cet élargissement linguistique et culturel est le signe de relations plus dynamiques qui s'établissent entre les espaces anglophones, francophones et hispanophones de la Caraïbe.
Les traductions françaises des romans de Earl Lovelace, Christina Garcia, Maria Montero et Zoé Valdes mettent l'accent sur l'importance fondamentale de l'échange et du partage culturels. En soulignant la valeur essentielle de ce fusionnement littéraire, le jury souhaite stimuler cette créativité qui contribue si puissamment au rayonnement de la littérature de notre région.